Les Chroniques du Clic

par Duxdo

La lame des sables

 Assassin’s Creed : Origins

Présentation

Vous êtes tranquillement installé au chaud pour vous préserver du froid de l’hiver ? Parfait, aujourd’hui on va prendre un coup de chaud en Egypte puisqu’on va parler d’Assassin’s Creed : Origins. Le jeu est sorti en octobre 2017 sur Playstation, Xbox et PC. Et, comme le reste de la série, développé et édité par Ubisoft.

Un petit peu de contexte pour commencer. Assassin’s Creed Origins est l’ènième de la série commencée en 2007 et qui a été plutôt très prolifique en jeux avec la série principale mais aussi tous les autres jeux annexes, mais aussi en romans et BD ainsi qu’en films. Si vous n’êtes pas du tout familier de l’univers (c’est encore possible ?) certaines partie de cette chronique ne vous parlerons peut-être pas. Pour clore cette partie contexte, je précise avoir fait les 4 premiers Assassin’s Creed, et par « 4 premiers », j’entends les « numéros » 1 à 4, pour finir donc avec Black Flag (dont vous pouvez lire la chronique juste ici). Je n’ai donc pas fait les opus les plus controversés qui ont aboutit à une surexploitation maladive de la série (entendez par là Unity et Syndicate). Mais entrons dans ce tombeau des Assassins au fin fond du désert.

Jeu

Le jeu étant présenté comme le renouveau de la série, je l’attendais particulièrement sur son gameplay. Chacun des opus présentait un lot de nouveautés relativement intéressantes. Pour ajouter de la nouveauté sans surcharger un système qui comptait déjà beaucoup d’éléments il fallait faire des choix, et je trouve que les choix faits sont judicieux. Adieu la planque/maison à améliorer par exemple. Le changement le plus intéressant et peut-être le plus radical pou moi a été l’abandon de la « vison de l’aigle ». Elément présent dans (quasiment ?) tous les opus qui nous permettait de voir tout un tas de choses comme les objectifs, les ennemis, les alliés, les objets rammassables etc… Très similaire à la « vision de détective » des Batman Arkham bien qu’utilisée légèrement différement. Au revoir donc ce super-pouvoir qui est remplacé par un aigle. Et ce choix est très intéressant, déjà parce qu’il est plus « plausible » qu’une vision de super-héro, mais aussi parce qu’il offre des options tactites nouvelles. En effet, on peut s’en servir pour planifier une attaque de forterresse pour repérer les gardes, ou les éléments de décors pouvant nous servir. Adieu aussi la mini-map. On laisse place à une interface plus sobre qui ne gêne ni le jeu ni la contemplation et qui vient même renforcer l’utilisation de l’aigle, on ne peut plus « tricher » en suivant les ennemis sur la mini-map.

Quelques exemples de nouveautés bienvenues, on peut aussi évoquer les différents arcs qui permettent de s’adapter aux différentes situations. Parlons maintenant du système de combat, qui a souvent été décrit comme mou dans les précédents opus. Alors oui, on reste sur un système relativement peu dynamique si on le compare à ce que l’on trouve dans des jeux comme Batman Arkham ou Shadow of Mordor, mais on sent qu’un (petit) effort a été fait pour essayer de dynamiser un peu tout ça. Mais désolé, un bouclier difficile à pénétrer ou un ennemi qui fait des esquives plus rapides que Lucky Luke pour se caler derrière vous ne rendent pas un combat dynamique, ça le rend juste plus dur. Et par plus dur, j’entends plus long à terminer, avec un peu d’entraînement on arrive à bien cerner les patern des attaques ennemies et tout se passe plus vite.

Le jeu reste tout de même plaisant à jouer, heureusement qu’il n’y a pas que des combats. Les phases d’infiltration sont toujours réussies et les arcs amènent un aspect stratégique différent qui rend l’approche intéressante. Je regrette l’absence des doubles-lames secrètes mais bon, on est aux « origines » on ne peut pas tout avoir.

Scénario

Alors, qui est-ce qu’on tue dans cet Assassin’s Creed Origins ? Comme d’habitude on fait face à un complot caché, ici nommé « l’Ordre » au sein d’une Egypte de la fin de l’ère des pharaons. Le pays est rongé par le règne catastrophique de Ptolémé qui livre l’Egypte aux mains des grecs, leur laissant quasi toute liberté d’oppresser le peuple. On incarne donc Bayek, dernier Medjaÿ d’Egypte. Globalement, le rôle d’un Medjaÿ est de protéger la population

On va donc se promener sur toute l’Egypte à la poursuite des responsables du complot et membres de l’Ordre, après qu’ils aient assassiné notre fils. On croisera la route de tout un tas de personnages secondaires plus ou moins importants, dont certains inspirés de personnages réels, comme aime le faire la série. On participera notamment à l’ascension au trône de Cléopâtre. Tout le long de l’aventure, notre compagne (Aya) vit la sienne (dont on joue une petite partie) et les deux s’entrecroisent souvent. Aya occupera une place centrale dans l’histoire et servira souvent de guide pour Bayek, lui indiquant la direction morale à prendre. Je ne peux pas trop en dévoilé sur Aya sans ruiner une partie du jeu, mais elle est pour moi le personnage le plus intéressant, voire même plus que celui que l’on joue.

L’histoire suit le schéma classique de la licence : on va quelque part, on aide les gens du coin, on découvre qui est le chef local du complot, on le tue, on passe à la zone suivante, et ainsi de suite jusqu’au chef suprême. Comme dans les précédents opus l’histoire se déroule bien et l’équilibre est très agréable entre le nombre de quêtes annexes et la quête principale, au point que j’ai fait toutes les quêtes annexes tout au long de l’histoire sans en avoir marre. Comme dans tous les Assassin’s Creed on a droit à une phase de jeu à notre époque, qui ici est très réduite et ne présente qu’un intérêt minime. On est un peu dans un dilemme avec ces phases, car elles font partie de l’essence des Assassin’s Creed et sont à la base de leur histoire, mais les phases sont une telle cassure dans le rythme du jeu qu’on s’en passerait bien. C’est pourquoi, en avoir de toutes petites doses ici me convient bien.

Sensations

Parlons maintenant un peu des sensations éprouvées en traversant cet Assassin’s Creed Origins. Tout d’abord, c’est beau. On ne se lasse pas de traverser les étendues de sable ou de verdure tout au long du jeu. On a (heureusement) un système de voyage rapide mais du fait de l’ambiance crédible et agréable à regarder, on y aura recours que lorsqu’il faut traverser la carte presque entièrement. Petit aparté concernant la taille de cette carte, on retrouve bien ici les symptômes de la course à qui aura la plus grande que se livrent les triples A du moment. Cela aboutit forcément à des zones quasiment vides et où l’histoire principale ne nous emmène même pas. Donc, tout aussi belle qu’elle soit elle aurait pu être un peu plus petite.

Le stress qui accompagne souvent les jeux avec des phases d’infiltration est ici relativement limité et remplacé par une (légère et relative aussi) peur de se faire tuer en combat. Globalement les phases impliquant du combat restent assez faibles en émotions, à part peut-être les combats d’arène. En fait, on s’attend à pouvoir faire des mouvements stylés et on se rend vite compte que ce type de mouvement est simplement scripté et n’est qu’une micro-cinématique lors de la mort de certains ennemis, totalement hors de notre contrôle.

Les ambiances restent soignées et toujours crédibles partout dans le jeu, on a vraiment l’impression d’arpenter un monde vivant. Mention spéciale, en passant, à la personne qui a implémenté une sorte d’aimant à chat sur notre personnage. Dès que l’on s’arrête dans une ville où il y a des chats, ils viennent naturellement vers nous avec un petit miaulement. Bien évidemment au fur et à mesure du jeu on se rend compte de la répétition de certains dialogues des PNJ mais cela n’en devient pas gênant.

Conclusion

Assassin’s Creed Origins est donc un bon renouvellement de la série qui introduit quelques nouveautés très intéressantes et oriente un peu plus le gameplay vers une approche stratégique et planifiée. Le tout reste superbe au niveau graphique et le monde crédible et vivant. Les combats restent cependant toujours un peu molassons mais le tout reste plaisant à jouer et à parcourir. Si vous aimez la série, et notamment les épisodes 3 et 4 (Black Flag), celui-ci devrait vous plaire aussi.

Heures de jeu au moment de l’écriture : 54h

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